Les confessions d'une jeune a son Cèdre

Publié le par Michele Laugel

Mon cher Liban,

Je vois tes souffrances, je constate tes blessures. Du haut de mes 18 ans, je ressens chacune de tes plaies qu'il reste a panser.

On te salis, on te maltraite. Quand est-ce que ces libanais arrêteront de souiller le sol de leurs ancêtres?
Tes montagnes..qu'elles sont belles et majestueuses! Que dis-je tes montagnes? 
Entre carrières et immeubles en béton, ce qu'il en reste ne peut que nous rendre nostalgiques. On repense aux jours ou ton paysage, Liban, c'était ce soleil resplendissant qui unissait par un lien sacre tes montagnes verdoyantes au bleu de ta mer apaisante.
Ce paysage que tous les peintres rêveraient d'avoir en tableau, de coucher sur leur toile, ce paysage qui fait ta réputation a l'étranger, le paysage qui s'efface peu a peu devant ta jeunesse.

Quand est ce que tes habitants se rendront compte de ton immensité culturelle et s'attelleront enfin a la mettre au centre de leurs intérêts?
La culture de ton peuple, ta culture sous tous ses aspects; ta cuisine avec son hommos et tabboule, ta musique avec les grands comme Feyrouz, ta littérature avec Khalil Gebran ton prophète, tes monuments historiques de Baalbeck a Byblos,en passant par Saida et les Cèdres, ton histoire ou d'occupation ottomane tu passes a tutelle française pour ensuite être envahi par tes voisins, font de toi une mosaïque de communautés ayant chacune ses structures et sa sensibilité.

Ce communautarisme pourrait être une force, un cote positif pour ton développement. Ta sociétés régie par le Droit, les lois et les textes et non par l'ingérence de l'Eglise dans l'Etat ou de la confession dans la politique, avancerait avec plus d'optimisme vers un avenir ou tout reste a faire. Une société unie, sans distinctions religieuses, une seule communauté pour un seul pays avec comme religion commune, toi, Liban.

20 ans a vivre sur ton territoire ne suffit pas a nationaliser un libanais de coeur. Ta femme libanaise ne peut toujours pas transmettre sa nationalité a son mari et ses enfants étrangers. Pour une question de majorité religieuse et de suprématie d'une religion sur l'autre, on empêche des étrangers au sang libanais d'être citoyens.

Ta politique, Liban, c'est du n'importe quoi. Des promesses, de belles paroles. Mais quand il faut agir sur le terrain, autour d'une table de discussions, les monologues semblent s'étérniser.Nos (ir) responsables politiques ne se rassasieront-ils jamais?
Notre arc-en-ciel politique ou chaque couleur représente un parti, ou chaque parti représente une confession, ne mène a nulle part sinon a creuser encore plus la séparation entre tous les libanais.
Des drapeaux bleus, orange, verts, flottent un peu partout dans ton ciel. Aux fenêtres des maisons, même le cèdre de ton drapeau est une distinction politique qui étiquette et fixe son propriétaire dans un parti détermine.
Un peu plus loin,se dresse un drapeau blanc sans dessins géométriques ou signes particuliers. A quelle religion peut bien appartenir son propriétaire? Par quel parti politique se fait-il encore berner?
Rien. Aucun signe de distinction. Blanc de la neutralité qu'on voudrait religieuse, blanc pour l'espoir d'un avenir ou le liban sera a nous, ou enfin le libanais aura sa place dans la société, ou il sera représente comme citoyen du Liban et non comme chrétien, musulman, druze.
Le blanc sur lequel ton cèdre repose. Le blanc de la neige qui le couvre en hiver. Le blanc pour la paix. Le blanc de l'éternité.

Voila sous quelle couleur marche ensemble la jeunesse libanaise, ton futur, Liban.
Aide nous a brandir cette couleur toujours plus haut et toujours plus nombreux dans le même élan d'espoir. 
Non ce ne sera pas la couleur de la capitulation. Nous ne nous rendrons jamais. Pour l'amour de toi, Liban, on est prêt a lutter.


Vive la jeunesse,
Vive le Liban.

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B
<br /> J'aime , J'aime , J'aime , J'aime !!!!!!
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